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  Plantes médicinales / Historique     

      L'usage thérapeutique des plantes remonte aux temps les plus reculés de l'histoire de l'homme. En effet, l'histoire officielle de la phytothérapie prend ses "racines" il y a plusieurs millénaires. En voici les grandes étapes :

  — Moins 3 000 ans avant J.-C. : Le premier recueil connu de formules végétales (suspensions, décoctions et
  onguents) gravées en caractères cunéiformes sur des tablettes d'argile, découvert à Nippur en 1948, date de
  l'époque Sumérienne d'il y a quelque 5000 ans. Il recense jusqu'à 250 espèces de plantes, ce qui démontre
  l'importance que tenait déjà la phytothérapie à cette époque lointaine.

  — Moins 2 700 ans avant J.-C. : Presque à la même époque, mais à plusieurs milliers de kilomètres de là en
  Chine, à l'époque légendaire des premiers grands empereurs, naissait le Pen-Tsao, fameux manuscrit dans
  lequel sont citées également de très nombreuses plantes, manuscrit qui fut actualisé par Lee-Chee-Chen
 
au 16ème siècle.

  — Moins 2 000 ans avant J.-C. : Découverte en 1973, dans les ruines d'Elba (près d'Alep en Syrie), de
  milliers de tablettes qui abondent en renseignements sur la médecine mésopotamienne et les échanges de ces
  thérapeutiques végétales avec les peuplades voisines.

  — Moins 1 500 ans avant J.-C. : Découvert à Louksor, le fameux papyrus Ebers des civilisations
  pharaoniques cite plusieurs centaines de plantes médicinales.

  — Moins 400 ans avant J.-C. : Hippocrate, le très célèbre médecin grec considéré comme le père de la
  médecine occidentale actuelle - consacre toute sa vie à l'utilisation thérapeutique des plantes et à tenter
  d'en expliciter leurs vertus. Il laisse une somme considérable de données (publiée en 280 avant J.-C.) dans
  le Corpus Hippocratum qui traite d'environ 250 "simples".

  — Au cours du 1er siècle de notre ère : Dioscoride, autre médecin grec et successeur spirituel
  d'Hippocrate, écrit son fameux De Materia Medica qui étudie, lui, environ 600 "simples", et qui restera
  l'ouvrage de référence en matière de plantes pendant de très nombreux siècles. 

  — Au cours du 2ème siècle : C'est au tour de Galien, encore un médecin grec, de codifier l'emploi de toutes
  ces plantes, et de mettre au point un nombre considérable de formulations magistrales à peine complétées et
  modifiées jusqu'à la fin du 18ème siècle.

  — Du 3ème au 18ème siècle : Peu de plantes vont venir s'ajouter aux 600 "simples" répertoriés par
  Dioscoride au cours de cette longue période, si ce ne sont quelques rares plantes originaires de contrées
  lointaines et encore inconnues en Occident, ou encore de certaines jalousement tenues secrètes par la
  médecine populaire, comme par exemple la digitale dont le secret d'utilisation est arraché difficilement au
  18ème siècle à une guérisseuse qui le tenait certainement elle-même d'une transmission familiale à travers
  plusieurs générations de guérisseurs.

  — Du 19ème siècle à la moitié du 20ème siècle : S'installe une période de désaffection pour la
  médecine par les plantes.
A cela deux raisons :

    • La première est le développement de deux grands groupes de médicaments (isolés d'ailleurs tous
      les deux à partir des plantes) entre 1806 et 1888 :
    - D'une part les alcaloïdes, tout particulièrement et successivement : la morphine, la strychnine, l'émétine,
      la quinine, la caféine, la colchicine, la codéine, la théobromine, la cocaïne, l'éphédrine et la théophylline.
    - D'autre part les hétérosides, notamment la digitaline et l'ouabaïne.
 
    • La seconde raison, qui n'est que le prolongement direct de la première, est l'importance attachée par le
      corps médical à ces nouvelles molécules dont l'emploi est rapidement codifié, avec pour conséquences :
    - Une nette diminution de la prescription des plantes.
    - La désaffection concomitante des pharmaciens pour les préparations phytothérapiques, donc de moins en
      moins de personnes compétentes, de matériels adéquats et de stocks nécessaires.
    - L'abandon progressif de l'enseignement botanique et phytothérapique dans les Facultés de Médecine
      jusqu'à sa suppression quasi-totale vers 1950.
    - La disparition de la plupart des laboratoires pharmaceutiques spécialisés dans la fabrication de produits
      phytothérapiques, donc pratiquement plus de spécialités à base de plantes dans les pharmacies. 

  — De 1960 à nos jours : Net regain d'intérêt pour la phytothérapie sous une double influence :  

    • Celle de certains médecins et scientifiques qui publient des ouvrages de plus en plus objectifs,
      documentés et scientifiques sur l'usage médicinal des plantes.
 
    • Celle des malades qui, après une période d'absorption intensive de chimiothérapie, se rendent compte que
      cet abus provoque de nombreux effets secondaires souvent plus graves - dans de nombreux cas de
      pathologie bénigne - que les troubles à traiter, et qui se mettent à réclamer - directement à leurs médecins
      ou indirectement à travers les médias - des thérapeutiques plus douces chaque fois que celles-ci peuvent
      être suffisantes pour les soigner efficacement.

      Résultat de cette récente évolution : Sans remettre en question l'apport extrêmement positif de la
      chimiothérapie dans l'arsenal thérapeutique de la médecine actuelle, un important mouvement de
      réhabilitation de la phytothérapie est en cours - selon un processus inverse de celui qui l'avait précédé -
      avec un intérêt croissant des chercheurs, des laboratoires pharmaceutiques, du corps médical et des
      pharmaciens, associé à un renouveau de l'enseignement et à une meilleure information du public en la
      matière. Ce à quoi nous nous employons activement depuis plus de 25 ans.

      L'histoire de la phytothérapie prend donc un nouveau départ dans les possibilités thérapeutiques actuelles et nous sommes persuadés que son champ d'action ne fera que s'élargir dans un proche avenir. 


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